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Apocalypse 2600

Publié le 23 juin

Le festival Komm Bach !, ou le plus petit festival international d’orgue et pas que, autour de l’orgue de Saint-André de l’Europe à Paris, c’est déjà une vieille histoire d’amitié avec Bertrand Ferrier qui avait déjà plusieurs fois fait confiance et donné sa chance au petit amateur multi-instrumentiste (ça veut dire qu’au lieu de jouer d’un seul instrument, bien, tu en joues de plusieurs, mais moins bien, un peu comme le combiné lave-linge-sèche-linge-lave-vaisselle-micro-ondes-sèche-cheveux-coupe-friture) que je suis.

On avait donc donné un concert sympa Chansons et religion, composé principalement de chansons assez caustiques sur le sujet, donné dans une salle paroissiale avec la bénédiction et en présence du sympathique, ouvert et mélomane curé d’alors :

 

Puis, on avait monté en quelques jours un concert de secours pour cause de musicien invité malade, où j’avais pu jouer en solo à la tribune de Saint-André de l’Europe un des tubes du hautbois :

 

Et puis un concert de chansons de Michel Bühler en présence de l’hélvète artiste, qui en a même poussé une à la fin avec Claude Arini au clavier, un de ses anciens compagnons de route (et de François Béranger aussi, dire si j’étais impressionné de boire un coup avec les deux ensuite) :

 

Enfin l’année dernière un inoubliable (pour moi) concert dans l’église du Val de Grâce (scusez du peu) avec Bertrand, Emmanuelle Isenmann et Esther Assuied, mais dont on n’a pas de vidéo, parce que la vidéaste avait trouvé ça tellement beau qu’elle en avait oublié de filmer, c’est dire.

Et puis cette année, c’était une de ces idées fofolles dont le Bertrand a le secret, un cyberconcert (pour cause de confinement machin tout ça) de clôture du festival (ça serait trop long à expliquer, disons que les relations du festival avec le curé actuel ne sont pas de même nature qu’avec son sympathique, ouvert et mélomane prédécesseur). Mais un concert de 24 heures, composé de vidéos des meilleurs moments des cinq précédentes années, mais aussi des créations. Un baroud d’honneur, en quelque sorte, clôturé par l’immense Daniel Roth qui avait déjà donné le concert d’inauguration de l’orgue après sa restauration.

Pour moi, le challenge proposé par l’organiste à catogan était de faire dialoguer l’orgue en improvisation, avec des sons électroniques, dans les conditions du live — donc loin du confort du studio, où l’on a tout le temps de programmer les sons, et du re-recording, pour les assembler.

Un synthétiseur j’avais, un tout neuf même (Behringer 2600, réédition moderne du mythique ARP de même matricule), mais je n’avais jamais joué ailleurs que sur la table du salon ou à la rigueur, sur le tapis ; en plus je ne maîtrise pas encore vraiment la bête qui est assez complexe et ne permet pas de mémoriser les réglages. C’était aussi compliqué d’installer une sonorisation digne de ce nom, que d’ailleurs on n’avait pas ; on a fait avec un petit ampli de basse, et assuré nous-mêmes en même temps que la musique, la prise de son, et de vidéo.

Photo Bertrand Ferrier

Seule la voix de Régis Saunier disant des extraits de l’Apocalypse de Jean (pour la révérence et l’hommage à Pierre Henry, pas pour s’y comparer) était pré-enregistrée.

Je ne m’étendrai pas sur les circonstances de répétition et d’enregistrement, compliquées par une séance de catéchisme dans l’église qui n’en finissait pas, sur un créneau qui pourtant nous était réservé ; puis par l’irruption d’un couple d’un sans-gêne assez incroyable venant beugler à genoux des cantiques cucus de la pire espèce des cantiques cucus, avec l’Iphone à fond en backtrack, alors même que l’organiste titulaire était en enregistrement de concert. On a réussi à les faire partir à coups de tutti de l’orgue et de tonnerre de Zeus du synthétiseur, mais perdu un temps précieux, et gagné beaucoup d’énervement.

Bref, c’était une première, improvisée, captée dans les conditions du direct de manière un peu précaire, mais c’est là, et finalement je suis assez content du résultat, qui n’était pas garanti au départ (on essaie, et si c’est pas bon, on laisse tomber). Il faut dire qu’avec un improvisateur sachant improviser, le rôle du faiseur de ffffshhhhhh, de wooooooooh, de tibililbilibilibili électroniques, est déjà plus confortable.

Au casque c’est mieux, ou sur de bonnes enceintes, et assez fort (et n’hésitez pas à écouter l’avant et l’après, dans la vidéo...)