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Vincent

Publié le 21 juin

Ses parents, Jean-Pierre et Michèle Léonard, étaient profs dans notre lycée de Civray dans le Poitou, où on leur donnait évidemment du Monsieur Léonard et Madame Léonard. Mais dans leur dos on disait le père Léo et la mère Léo. Sauf à l’Union musicale où Jean-Pierre jouait de la trompette : là par accord tacite des deux parties, on l’appelait par son prénom de face et de dos, parce que c’était le copain musicien et plus le prof de SVT.

Leur fils Vincent est venu rejoindre l’harmonie pour jouer du cor sur ses neuf ou dix ans. Il était cor solo comme moi j’avais été hautbois solo à mes débuts : parce qu’il n’y en avait pas d’autre. Il était haut comme trois pommes, rouquin et joufflu, on l’a surnommé logiquement et illico le p’tit Léo. Mais très vite, il a fallu ajouter un codicille au sobriquet, parce qu’à la façon dont il jouait comme s’il n’avait fait que ça toute sa vie, le p’tit Léo ça ne suffisait pas. Alors on précisait toujours derrière : petit, mais costaud.

Le p’tit Léo est toujours cor solo. Mais à l’Orchestre national de France, depuis un paquet d’années maintenant. Et pas parce qu’il est tout seul à son pupitre, cette fois.

Vincent Léonard
Quelque part dans la Vienne, 1986

Voir aussi Charles.