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Aphanicé, 2, ou peut-être 3...

28 mars 2019

Le col d’Aphanize et le pic de Behorleguy, un de ces endroits magiques où l’on ne peut pas s’empêcher de faire la même photo à chaque fois qu’on y revient comme en pèlerinage (déjà publié autrefois un billet et une version couleur).

Un coin de rêve aussi pour le deltaplane. Mais après pas mal d’efforts et de pocs au genoux et malgré quelques belles et inoubliables sensations (en vrai c’est moi sur la photo, si, si...) j’ai pour le moment renoncé à ce rêve-là : trop loin des sites de vol, logistique compliquée, tellement tributaire de la météo. Sans doute aussi la trouille au moment du décollage, dont paraît-il on ne se défait jamais, et qui revient dans les tripes à chaque fois qu’on en reparle. Du coup j’en reste désormais aux vidéos des copains, jusqu’à ce que peut-être un jour ça me reprenne trop fort l’envie de voler. Ou pas.

La doline qui ne paie pas de mine derrière les barbelés, c’est le gouffre mythique d’Aphanicé (Aphanize, en basque). Mythique, parce que derrière ce qui ressemble à un terrier de blaireau au fond d’un trou d’obus, et quelques galeries insignifiantes, se tapit un puits monstrueux de 328m (trois cent vingt-huit mètres) de verticale absolue, soit l’équivalent du non moins mythique gouffre Lépineux à la Pierre Saint-Martin. Verticale absolue, pour les spéléologues, ça veut dire : pas de plate-forme, pas de relais, pas de fractionnement de corde. On lance la corde en plein vide dans le trou (avec un nœud à l’extrémité, c’est préférable) et c’est parti.

Ce puits c’est le Puits des Pirates. Ainsi nommé parce que les spéléos du spéléo club de Pau qui l’ont découvert en 1972, n’ayant avec eux pas le matériel adéquat pour le descendre, puis du mauvais temps le week-end suivant, se sont fait souffler la « première » sous le nez par une autre équipe de cavernicoles peu scrupuleux qui avait eu vent de leur trouvaille exceptionnelle entre temps.

Bon, on ne donnera pas de noms, parce que l’un d’entre eux est un copain, et de toutes façons toute personne qui s’intéresse un tant soit peu à la spéléologie connaît cette vieille histoire et ses protagonistes.

Presque 50 ans après il y a prescription et on va dire que ça fait partie, aussi, de la mythologie.

Behorleguy
2015