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En attendant dimanche

4 mai 2007

Le Café du Commerce n’a pas pour habitude de faire de la politique... Il y a d’autres sites mieux documentés pour ça.

N’empêche. Dimanche ça va changer, et ce qu’on nous annonce n’est pas pour me réjouir.

La France qui a failli amener Le Pen à l’Élysée il y a cinq ans n’a pas changé au point de nous faire espérer autre chose que ce que nous prédisent les sondages.

La France est un pays de vieux, on nous le dit bien assez avec le problème des retraites... et moi-même j’ai des douleurs (en jouant avec le chien, qui m’a fait tomber lourdement comme un gros sac, genou et cheville en vrille depuis trois semaines).

Les anciens sont donc majoritaires, c’est une population manipulable encore plus facilement que les jeunes, qui écoute et choisira celui depuis si longtemps alimente soigneusement ses peurs et se pose comme le champion des valeurs... Mais ce dernier mot n’a pas la même signification des deux côtés je crois.

Le plus triste c’est que les pauvres aussi, qui sont toujours plus nombreux et plus pauvres depuis une dizaine d’années, sembleraient lècher la main qu’ils devraient mordre... Ô Arlette, tu vas nous manquer...

En face on ne sait pas vraiment, puisque par définition si on sait toujours ce qu’on perd on ne sait pas ce qu’on gagne. Mais Ségo malgré sa diction de maîtresse d’école (putain les conseillers en com’ au PS) pouvait nous faire espérer un peu plus d’humanité, ou au minimum moins de cynisme en politique. Ce qui est certain c’est qu’on n’a rien à gagner, nous autres péquenots qui n’avons pas besoin de bouclier fiscal, avec l’homme de Neuilly, le pote à Bouygues, Pinault, Arnault, Tapie et Steevie-du-Loft.

Donc voilà. À défaut de foutre le camp au Canada comme on l’a envisagé un court instant (parce que c’est grand, froid, parce que le pays de Carole Laure, de Félix Leclerc et de Glenn Gould, peut-être), on se prépare à organiser la survie voire la résistance, dans notre abri anti-sarkozique.

Donc lundi, quand ensemble tout sera possible, il restera :
- un sac de croquettes pour le chien et quelques paquets de nouilles dans le placard ;
- le Clavier bien tempéré de Jean-Sébastien sur le vénérable Pleyel n° 127506 (comme quoi, on peut avoir un piano de bourge et le coeur à gauche — faut dire qu’il nous a coûté le prix d’une 206 d’occase, qui est une voiture de prolo) ;
- la Charente devant la maison, qui coule six heures dans un sens, six heures dans l’autre, et ne changera sans doute pas ses habitudes ;
- Alain Gerber sur France Musique (je n’ose pas imaginer la présence de Mermet sur Inter, sinon comme alibi de démocratie, ou alors tard dans la nuit) ;
- une vieille cassette d’Avanti de Billy Wilder ;
- quelques CD d’Eddy Louiss, Django, François Béranger, les suites de Bach par Byslma, les préludes de Debussy par Samson François ;
- quelques tablettes de chocolat on fera bien de ravitailler tiens ;
- la nostalgie de Chirac qui finalement durant 12 ans n’aura peut-être pas fait grand chose de bien, mais nous a au moins évité Le Pen. Et surtout sa marionnette aux Guignols, s’ils existent toujours et égratignent encore.

Mais non, non, les carottes ne sont pas encore cuites. Il reste deux jours. Ce site et bien d’autres seront lus. Les gens vont parler. Les indécis vont réfléchir. Les Bayrouistes ne sont pas idiots ; puisque j’ai failli en être on n’est pas si éloignés. Si chacun y met un peu du sien...


Que dites-vous ?. . . C’est inutile ?. . . Je le sais !

Mais on ne se bat pas dans l’espoir du succès !

Non ! non ! c’est bien plus beau lorsque c’est inutile !

— Qu’est-ce que c’est que tous ceux-là ? — Vous êtes mille ?

Ah ! je vous reconnais, tous mes vieux ennemis !

Le Mensonge ?

Tiens, tiens ! — Ha ! ha ! les Compromis !

Les Préjugés, les Lachetés !. . .

Que je pactise ?

Jamais, jamais ! — Ah ! te voila, toi, la Sottise !

— Je sais bien qu’a la fin vous me mettrez à bas ;

N’importe je me bats ! je me bats ! je me bats !

Oui, vous m’arrachez tout, le laurier et la rose !

Arrachez ! Il y a malgré vous quelque chose

Que j’emporte, et ce soir, quand j’entrerai chez Dieu,

Mon salut balaiera largement le seuil bleu,

Quelque chose que sans un pli, sans une tache,

J’emporte malgré vous,

et c’est. . .

Salut, et fraternité.

Mis en ligne le 4 mai à 22h55, dernière modification à 23h53, pas de mise à jour avant le 6 mai 2006 à 20h.