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Samba da Bênção

Saravah, les gens

29 novembre 2011

Ça commence il y a bien trente ans de ça par un microsillon prêté par Didier, l’ami de toujours presque le frère : Pierre Barouh, Le pollen.

Copié aussitôt sur une cassette que l’on usera jusqu’à la trame. Puis on rachètera le CD, des années plus tard. Un CD ne s’use pas, si on est un peu soigneux, sinon celui-ci serait usé de même. Il est de tous les après-midi enfermé à ranger le cagibi (qui se met en désordre tout seul, c’est bizarre), de tous les déplacements en voiture, et un des premiers transférés sur la tablette pour le train. Un compagnon de route et compagnon de vie.

Et puis on trouve sur un autre CD, de Stacey Kent que l’on aime tout autant, un titre de Barouh : la Samba Saravah. On a vu autrefois Un homme et une femme mais on n’en a comme souvenir, que de deux amoureux sur une plage, dans une voiture, et le beau visage, calme et un peu mystérieux, d’Anouk Aimée. Sa voix douce et rêveuse, et ses silences habités.

Il faudra YouTube pour retrouver Barouh et son amour de la samba, dans ce film.

Et la Samba da Bênção entre dans la collection des chansons qu’on écoute en boucle pendant des jours et des jours. À ce jour, cette heure, presque une semaine que je n’ai rien écouté d’autre. Mais toutes les versions disponibles sur le net. Des heures et des heures de bossa nova. Barouh. Stacey. Vinicius de Moraes. Maria Bethania. Bebel Gilberto (merci à toi, ô mon vieil ami Jack Rose).

Je connais par cœur depuis la sortie de l’album de Stacey, les paroles françaises de Pierre Barouh. Ainsi que la musique de la langue portugaise, toute imprégnée de cette saudade intraduisible dans une autre langue, mais inséparable de l’âme portugaise (ou du moins ce que j’en connais par quelques amis loin des yeux, mais proches du cœur).

Mais j’ai découvert seulement ce soir, cette traduction littérale (celle de Barouh étant bien plus élégante, mais une œuvre personnelle) un peu maladroite, mais qui colle au texte de Vinicius de Moraes. Barouh en a respecté l’Esprit. Mais la lettre est belle aussi, et plus encore la musique de la langue. Il faut le lire à haute voix, ou l’écouter avec la voix de l’auteur, celui qui disait que la vie, c’est l’Art des rencontres et a été tellement cohérent avec sa propre pensée, qu’il s’est marié huit fois.

Isabel, Rui, Teresa, les amis Portugais. O., H., C., mes petites sœurs ; et celles que je ne nomme pas, mais se reconnaîtront peut-être... vous avez mon salut : Saravah !

(En Brésilien, le mot Samba est masculin)

Cantado

Chanté :

É melhor ser alegre que ser triste
Il vaut mieux être heureux qu’être triste

Alegria é a melhor coisa que existe
Le bonheur est la meilleure chose qui existe

É assim como a luz no coração
Il est ainsi comme la lueur dans le cœur

Mas pra fazer um samba com beleza
Mais pour faire un samba avec de la beauté

É preciso um bocado de tristeza
Il est nécessaire un peu de tristesse

É preciso um bocado de tristeza
Il faut un soupçon de tristesse

Senão, não se faz um samba não
Si non, on ne fait pas un samba non

Falado//
Parlé :

Senão é como amar uma mulher só linda
Si non, c’est comme aimer une femme seulement belle

E daí ? Uma mulher tem que ter
Et alors ? Une femme doit avoir

Qualquer coisa além de beleza
Quelque chose au delà de la beauté

Qualquer coisa de triste
Quelque chose de triste

Qualquer coisa que chora
Quelque chose qui pleure

Qualquer coisa que sente saudade
Quelque chose qui ressent de la saudade

Um molejo de amor machucado
Une cicatrice d’amour blessé

Uma beleza que vem da tristeza
Une beauté qui vient de la tristesse

De se saber mulher
De se savoir femme

Feita apenas para amar
Faite à peine pour être aimée

Para sofrer pelo seu amor
Pour souffrir de son amour

E pra ser só perdão
Et pour n’être que pardon

Cantado
Chanté :

Fazer samba não é contar piada
Faire du samba ce n’est pas raconter des blagues

E quem faz samba assim não é de nada
Et qui fait du samba ainsi n’a rien compris

O bom samba é uma forma de oração
Le bon samba est une forme d’oration

Porque o samba é a tristeza que balança
Parce que le samba est la tristesse qui balançe

E a tristeza tem sempre uma esperança
Et la tristesse a toujours un espoir

A tristeza tem sempre uma esperança
La tristesse a toujours un espoir

De um dia não ser mais triste não
D’un jour ne plus être triste non

Ponha um pouco de amor numa cadência
Met un peu d’amour dans une cadence
E vai ver que ninguém no mundo vence
Et va voir que personne dans le monde ne gagne

A beleza que tem um samba, não
La beauté qu’a un samba, non

Porque o samba nasceu lá na Bahia
Parce que le samba est né là-bas en Bahia

Et si aujourd’hui il est blanc dans sa poésie

Se hoje ele é branco na poesia
Si aujourd’hui il est blanc dans sa poésie

Ele é negro demais no coração.
Il est noir dans son cœur.

Photo : Isabel et Teresa, 2010.

Messages

  • Pierre Barouh ! C’est grâce à lui que, même si je n’aime pas le vélo, j’aime bien la bicyclette. Réfugié pendant la guerre chez des paysans vendéens, pas loin de chez nous à St Prouant, il y possède une maison, un ancien moulin à eau au bord du Lay au lieudit " La Morvient". Il y a installé un studio d’ enregistrement. En 2006, nous y avons enregistré un CD de musique trad’, avec mes enfants et quelques copains. Nous y avons passé une semaine inoubliable, reçus par un Pierre Barouh à l’ accueil généreux et d’ une remarquable modestie. Il nous a fait visiter , à Dominique et moi, sa maison et sa propriété, rapportant histoires et anecdotes liées à cette maison et son séjour sous l’ occupation. Alors, quand tu parles de Saravah qui nous a fait découvrir, bien sûr, la samba, mais aussi Higelin, Areski, Fontaine, Leprest, Louki, McNeil, Urtreger, Vander et bien d’ autres, ça en remue des choses . J.B.