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Rencontres d’Arles 2011

J’y étais...

16 juillet 2011

À Arles où roule le Rhône, dans l’atroce lumière de midi...

Jacques Prévert, Complainte de Vincent

Je n’avais pas mis les pieds aux Rencontres depuis 1988. Trop loin de la Bretagne, même de la Charente-Maritime. Et puis j’en avais le souvenir d’une certaine atmosphère mastuvu dans le genre "Leica M et gilet multipoches", un peu agaçante ; avec ça je suis un peu agoraphobe, et préfère généralement éviter les lieux de rassemblement de populace, fût-elle d’homo photographicus. Mais cette année cependant, j’avais l’envie d’y revenir faire un tour.

Je ne suis resté que deux jours, et encore, arrivé fin de matinée, et reparti dans l’après-midi du second jour. C’est beaucoup trop court. En deux jours on n’a matériellement pas le temps de tout voir, et au bout de quatre expos, moi je sature, je finirais presque par prendre la photographie en grippe. Aussi je n’avais pas vraiment envie de rester davantage, d’autres centres d’intérêt aussi... donc une impression plus qu’un bilan, et encore très partiel.

En arrivant (parti à 2h du mat de Haute-Soule, la route est longue...) je retrouve au théâtre Valérie Berge et nous assistons à une des journées du colloque sur la photographie et Internet. Arrivons trop tard pour l’intervention d’André Gunthert dont nous suivons tous les deux attentivement chaque publication dans Culture visuelle. Dommage.

Débat, ou plutôt interventions en anglais, bonne occasion pour travailler mon anglais, me dis-je. Je snobe les écouteurs pour la traduction simultanée, et suis plutôt satisfait de pouvoir suivre sinon le détail, du moins le sens général. Mais flemme et manque de sommeil, je finis par recourir aux écouteurs quand même. Propos pas inintéressants, mais les enjeux économiques de la diffusion de la photographie ne me concernent pas vraiment, et tout ce qu’on entend je l’ai déjà plus ou moins lu sur le net : le vieux modèle est mort... inventer de nouvelles pistes et modes de diffusion/rémunération... etc. Au final, je suis quand même venu ici, plutôt pour voir des photos.

Photo : André Gunthert

Après-midi : Graciela Iturbide. De beaux portraits du monde rural mexicain, empreints de magie, on se croirait dans un bouquin de Castaneda. Suis agacé par le fait qu’on ne sait pas de qui sont les tirages, ni leur date. Tirage argentique, c’est tout ce que l’on saura. Je la trouve moins intéressante comme paysagiste. Une très belle série sur la salle de bains d’une artiste dont j’ai oublié le nom.

Dans le même espace Van Gogh, une expo sur la révolution mexicaine. Beaucoup de tirages minuscules : encore une fois, rien n’indique s’ils sont d’époque ou non, qui les a réalisés, s’il s’agit de contacts ou d’agrandissements. Ça m’énerve prodigieusement car si on peut supposer qu’il s’agit d’originaux, ce qui leur confère une valeur de témoin, de document d’histoire supplémentaire, ça n’est pas évident. Dans tous les cas cela devrait être mentionné. Expo plus historique que vraiment photographique, qui me touche assez peu. Iturbide m’en dit bien plus sur le Mexique, en quelques portraits, que ces nombreuses petites images célèbres là-bas, mais si loin d’ici et de notre propre histoire.

Photo : Lunettes rouges

Wang Qingsong : une œuvre extraordinaire de 42 mètres de long, aux frontières de la peinture, la sculpture et de la photographie, une véritable Porte de l’enfer photographique. Magnifique. Seul point d’interrogation : les visiteurs (et nous-mêmes) passent beaucoup plus de temps devant la vidéo du making of, que devant l’œuvre elle-même. Ça se comprend vu l’ampleur du chantier, mais la finalité c’est tout de même la photographie, non ?

Chris Marker : une série rare sur la Corée du Nord avant qu’elle ne sombre tout à fait dans l’autarcie et la folie de ses dirigeants, et des portraits dans le métro. De beaux portraits, Marker photographie les gens un peu comme l’aurait fait un des anges de Wenders. Avec peut-être une propension à photographier davantage les jolies filles que les hommes, les femmes mures, et les vieux. Ça se comprend, mais je trouve dommage de mettre de côté tout ce pan d’humanité. Si les premières photos sont en noir et blanc argentique (prises avec un appareil dissimulé dans une montre) les dernières me semblent être faites avec un téléphone ou appareil numérique de poche. Je n’ai rien contre, mais le post-traitement et les agrandissements mettent en évidence des aplats de couleur et un bruit numérique que je trouve vraiment laids. On s’est habitué au grain de l’argentique (que personnellement je trouve beau, dans sa dispersion anarchique) mais ce bruit numérique, ces couleurs plates, qui ne me gênent pas sur écran, je ne les aime pas, en 30x45.

L’impression de tout ça, c’est un peu que la belle photo, le beau tirage, est une notion qui n’a plus court ; l’objet photographique en tant que tel ne compte pas. Juste le contenu. Les images de la révolution mexicaine sont trop petites pour le confort visuel d’une exposition. Les impressions numériques de Chris Marker sont (à mon avis) beaucoup trop grandes pour la faible taille probable du fichier numérique original.

Puis une expo au cloître de Sainte-Trophime qui ne m’a pas laissé de souvenir. Des grands formats, des affiches je crois ? J’ai des trous d’air dans la mémoire, déjà.

Visite ensuite à l’expo (en off) de Valérie Berge et de son collectif de photographes pour une petite expo sympathique intitulée Faces et façades. On revient dans une photographie plus classique mais qui reste en recherche. Les grands tirages de Valérie, réalisés par Ooblik rendent bien mieux justice à ses images que les imagettes du net.

Depuis deux heures le matin, avec la route et la chaleur j’ai un peu la tête dans le c., et décide de rentrer au camping de Fontvieille (bon plan : à 10 km d’Arles, tranquillité et cigales sous les pins, très très loin des parkings à tentes d’Arles). Je tombe par hasard sur une galerie exposant le travail d’Eric Lusito. Je le connais déjà par le site Galerie-photo et suis ravi de voir ses images en grand. Éric travaille à la chambre 4x5", ses tirages (argentiques) en très grand format sont admirables, et c’est un tout jeune type discret et très sympathique. On parle un peu, il me dédicace son bouquin, et je repars avec un autre pris à côté, évidemment non dédicacé. Je repasserai le lendemain faire l’échange, et regarderai à nouveau longuement ses photos. Les photos de friches et lieux abandonnés sont à la mode, on appelle ça l’Urbex maintenant (exploration urbaine). À part le cas d’Yves Marrochi c’est un domaine que je trouve désormais assez conventionnel et ennuyeux : tous ces photographes qui vont sur des spots pour faire des shoots qui se ressemblent plus ou moins tous, ne m’intéressent plus beaucoup. Dans le cas d’Éric Lusito, c’est différent, par la rareté du sujet, l’éloignement (Mongolie, Kazhakstan), le soin apporté à la composition, la lumière (il a attendu trois jours la bonne lumière sur l’avion ci-dessous). Et l’utilisation de la chambre grand format, comme un aspirateur me dit-il, appareil toujours un peu lourd et lent à mettre en œuvre, et qui incite à la contemplation bien plus qu’un réflex numérique. Un photographe à suivre, vraiment.

Ensuite Fontvieille. Balade le soir aux Baux de Provence. Curieusement, alors que je n’aime rien tant que les paysages karstiques, les garrigues, carrières et rochers ruiniformes provençaux ne me suscitent pas vraiment d’émotion. Je préfère les bracas basques, avec la hâte d’en retrouver les brouillards et la fraîcheur. Je n’ai pas le tempérament méditerranéen, sans doute.

Lendemain matin, visite au moulin de Daudet, mais 3€ pour garer la voiture, je passe mon chemin.

Abbaye de Montmajour : je ne connaissais pas l’endroit, magique, sublime, qui rappelle l’abbaye du Nom de la Rose. Balade rêveuse parmi les tombes du cimetière, creusées directement dans la pierre éblouissante. Jeux de lumière des vitraux sur la pierre des dallages, à l’intérieur.

Quelques photos de l’abbaye par Lucien Clergue accrochées en permanence mais trop haut, dans un petit couloir obscur où on ne les voit pas. Je ne suis pas un grand fan de Clergue, mais ces images (du cimetière) sont belles, bien tirées, et c’est une figure locale. Elles méritaient une autre mise en valeur ; enfin, l’avantage c’est qu’elles ne souffriront pas de la lumière.

Une expo sympathique de Nicolas Guilbert, sur les animaux dans les monuments historiques. Ça ne fera pas date dans l’histoire de la photographie, mais c’est un peu dans l’esprit de Doisneau ou Martin Parr, tendre et fantaisiste, et ça se laisse regarder sans déplaisir.

Un regret : sauf erreur de ma part, non pas des tirages argentiques, mais des impressions numériques sur papier très commun, sans noirs, sans blancs, sans gamme de gris. Juste collés sur des panneaux de contreplaqué. Photos à regarder, puis à démonter et jeter. Sur un panneau, on a accroché, juste punaisé par le haut, quelques dizaines d’images non retenues pour les agrandissements, impressions jet d’encre sur papier bureautique ordinaire. Merde, on est en Arles. Non loin d’ici ont vécu Ronis, les Sudre, vit encore Denis Brihat, ces maîtres du tirage... Le vieux monde est mort... il faut bien trouver de nouvelles pistes. Sauf que voyez-vous, une image en noir et blanc, on peut la tirer avec un traceur à jet d’encre, sur un beau papier, avec une qualité équivalente voire supérieure (dans les grands formats) à celle d’un tirage argentique. Mais il faut y mettre le temps, et le prix. Ça prend autant de temps, et coûte souvent bien plus cher à réaliser, qu’un tirage argentique sur papier baryté. Là on a fait à l’économie : bien assez bon pour le public, qui n’y verra que du feu. Un peu comme si dans un orchestre, on remplaçait les contrebasses et la batterie par une boîte à rythme. Ça marche, mais pas exactement pareil.

Aussi l’émotion à Montmajour ne viendra pas de la photographie, mais de l’architecture, et d’une installation dans le chœur de l’église. Œuvre d’Erick Nussbicker appelée Le temps des mouches.

Photo © Erick Nussbicker

J’ai été d’abord séduit par la pureté de la forme du tissu, qui s’accorde parfaitement avec celle de l’architecture. Sa transparence, avec la lumière. Puis intrigué par la quantité de petites mouches à l’intérieur. Cru qu’elles étaient rentrées par hasard, et n’en pouvaient plus sortir. En fait non, la fucking notice de l’œuvre explique bien qu’il s’agit d’un sablier, dont les insectes sont le sable, et qu’ils naissent, vivent et meurent dans la structure. Parfois l’auteur vient s’y asseoir en posture Zazen et méditer. J’ai beaucoup aimé... au contraire de la plupart des visiteurs si l’on en croit le torrent de boue et de haine qui se déverse sur le cahier mis à disposition des visiteurs. Pensez donc ! Des mouches ! Mais aussi : il aurait mis des papillons, tout le monde aurait trouvé ça tout mimi...

Balade dans la ville. À Arles je trouve ridicule de se balader avec un appareil photo sur le ventre (rendons grâce à la standardisation du numérique : le culte du Leica et de l’appareil-plus-cher-que-le-tien sur la bedaine semble s’être bien atténué en Arles). Mais je ne peux pas m’empêcher d’en avoir un dans le sac, et de photographier les ombres dans les petites ruelles inondées de soleil (selon San-Antonio, le photographe, c’est un mec qui se met à bander quand il voit une ombre sur un mur). En sortant d’une expo j’entends roucouler : Ah ! Rencontrer Martin Parr dans la rue, quelle bonne surprise ! Martin Parr (je ne l’avais jamais vu, et ne savais pas à quoi il ressemble : à un quinquagénaire comme vous et moi), un peu gêné : Sorry, I don’t speak french (mon œil !) Mais la dame, ou le couple, s’incrustent, trop contents de pouvoir ensuite dire à leurs aaaaamis qu’ils ont bavardé avec Martin Parr, un homme chaaaarmant ! Moi ça m’embête, d’une part car je n’aime pas qu’on me tape l’incruste comme dit ma fille ; et j’aime bien Martin Parr, du moins ses photos. Alors je ne voudrais pas être à sa place, bien embarrassé qu’il est avec ses groupies. Et puis juste à côté d’eux, il y a une belle ombre sur un volet. Mais tu me vois sortir le Nikon du sac, et faire la génuflexion devant l’ombre d’une attache de volet, sous le nez de Martin Parr ? Un coup à me retrouver dans les archives de Magnum, pour illustrer un article sur la bêtise de l’homo-touristico-photographicus-arlatensis. Je m’éloigne donc un peu, et trouve heureusement presque la même ombre un peu plus loin. Parr ne me regarde pas, trop occupé à chercher une issue possible avec ses fâcheux, clic-clac vas-y mon Nikon. C’est pas la photo du siècle mais ça peut pas faire de mal.

À midi, seul à ma table de bistrot, je m’amuse à écouter quatre vétérans d’un photo-club d’Île de France, commentant aussi bien les derniers concours de la « Fédé » (car, le saviez-vous, il existe une Fédération Française de Photographie, comme de canoë-kayak ou de pétanque, dont les gentils membres s’amusent à organiser des concours de photos pour se décerner des médailles — sinon, n’ai pas encore compris à quoi ça sert). Ce qui nous distingue, dit l’un, c’est que nous sommes d’une génération qui a connu l’argentique. Ah ben ça c’est ben vrai, tiens, pensé-je. Et après ? Puis On est trop perfectionnistes, avec notre règle des tiers et nos photos bien nettes (peut-être pas faux). De toutes façons, les concours, y’a jamais que les Parisiens qui les gagnent, c’est fait par des Parisiens pour des Parisions. Le monde est bien injuste. Le pire étant qu’à les écouter, je me demandais, si moi-même... Mais parlons d’autre chose.

Après-midi : visite de l’expo sur la valise mexicaine retrouvée de Capa, Chim et Greta Taro. Une très, très belle expo, émouvante au possible, tant par la qualité des photographies présentées, (et finalement, l’Espagne franquiste, c’est moins loin de nous que Zapata et Vila) que par la possibilité, grâce aux planches contact agrandies, d’entrer dans le backstage et voir le travail du photographe de plus près.

© Robert Capa © International Center of Photography/Magnum Photos.

Après ça j’en avais ma claque de voir des photos, et envie de retrouver mes montagnes. Du coup, je n’ai pas vu « l’expo qu’il fallait voir », From here, dont un des commissaires était justement Martin Parr, et qui a fait un peu le scandale de ces Rencontres : recueil d’images glanées sur Internet, et imprimées en grand format. Les conservateurs crient évidemment au scandale et au foutage de gueule. André Gunthert y voit une juste reconnaissance de l’image numérique, et l’ami Philippe de Jonkheere crie même À mort, les photographes !.

N’ayant pas vu l’expo je ne peux évidemment rien en dire de personnel, et de toutes façons mon avis sur la question n’a aucune valeur.

Simplement, l’impression un peu douce-amère que me laissent ces Rencontres, c’est quand même la fin d’un monde : celui des tirages argentiques dans leurs marie-louises d’un autre âge comme l’écrit PdJ, au profit du flux d’images numériques dématérialisées. Peut-être, sans doute, une réaction salutaire aux envolées d’enchères indécentes des collectionneurs de photographes morts comme Avedon ou Le Gray (autour de 900 000 euros le tirage original, quand être photographe aujourd’hui, c’est avoir un job à côté, ou se laisser crever de fin).

Un dépoussiérage salutaire de la photo, équivalent à celui du Sacre du Printemps en musique, ou de ce qu’a été Pina Bausch pour la danse, est peut-être en train de se produire, et sans doute bienvenu. Duchamp, Warhol, Tichy ont montré la voie. Et évidemment les Rencontres se devaient de rendre compte des ces premiers chemins défrichés (et tout à l’honneur d’un Martin Parr qui pratique lui-même une photographie dans la meilleure tradition des photographes humanistes).

Mais pour autant faut-il jeter le bébé avec l’eau du bain, comme le fait peut-être un peu vite PdJ ? Pina Bausch est désormais dansée à l’Opéra de Paris, mais aussi Giselle et le Lac, en tutus. J’aime Messiaen, mais aussi Arvo Pärt, Bach par Gould comme par Gustav Leonhardt.

Oui à l’image numérique, à toutes les possibilités de création, de flux, d’échanges qu’elle permet. Simplement, le tirage papier et le mur d’une salle d’exposition sont-ils la finalité, l’unique et meilleur moyen de la présenter ? Inversement faut-il jeter au feu les tirages argentiques 20x30 ?

Je préfère mille fois la précision et la délicatesse de lumière des tirages d’un Éric Lusito, aux aplats pixellisés d’un Chris Marker. L’erreur commune est peut-être — des deux côtés — de confondre l’image (le contenu) et l’objet photographique (le tirage, le contenant). J’ai adoré les grands tirages (impressions numériques) de Lusito. Les petites reproductions de son livre n’en sont qu’une pâle réminiscence. Inversement j’aurais certainement éprouvé plus de plaisir à feuilleter sur écran, liseuse ou livre papier, les photos de Chris Marker, ou Nicolas Guilbert, que je n’en ai éprouvé en les voyant exposées en grand dans le cas de Marker, et dans des impressions médiocres dans le cas de Guilbert. Ce qui est fait pour le livre, ou l’écran n’est pas forcément mis en valeur par le papier et le grand format, et inversement.

La vieille photographie n’est pas morte et ne mourra pas plus que les tutus et les chaussons du palais Garnier. Il y a de la place en musique pour le synthétiseurs et l’ordinateur, comme pour les orgues de Cliquot ou Cavaillé-Coll du passé ; et on compose toujours pour le clavecin, de la musique contemporaine.

Aux côtés des défricheurs du web, et par le web, et grâce au web, se retrouvent aussi des redécouvreurs de procédés photographiques du passé comme le collodion. Ou simplement des gens qui découvrent qu’un beau tirage baryté, viré à l’or ou au sélénium, ce n’est pas la même chose qu’une impression jet d’encre sortie de l’imprimante multifonctions du bureau.

La photographie est à la fois langage et medium. Arles 2011 a mis l’accent sur le langage et le medium nouveaux, du numérique. Il fallait le faire et c’est bien. Les expos Mexique, Capa et Iturbide ont apporté une belle touche d’histoire et de patrimoine.

Le vieux monde est mort, il faut trouver de nouvelles voies, de nouveaux chemins. Mais le conventionnel, le plan-plan, n’est pas l’apanage de la vieille photographie comme tu sembles l’affirmer Philippe. On peut aussi être conservateur, conventionnel et plan plan en numérique : il suffit de se balader un peu sur Flickr pour s’en rendre compte. Inversement on peut être innovant et même subversif avec des tirages 20x30 sous les « marie-louises d’un autre âge ». Le langage est une chose, le medium en est une autre. C’est dans la tête, que ça se passe, d’abord.

La réponse se trouve peut-être dans le sablier des mouches, si l’on s’y assoit pour méditer.

Messages

  • me donne regret de ne pas emmener mes yeux de huron-en-photographie à Arles - me fais espérer qu’un prétexte vous amène à visiter les deux autres cisterciennes du midi, plus radicales et à mes yeux encore plus belles que Montmajour : Sénanque et surtout Le Thoronet

    • Merci Brigitte,

      Très forte tentation d’un détour vers Avignon pour rencontre IRL mais perspective de la foule là-bas aussi, avec le festival, et envie très forte de retrouver la solitude souletine... Pour une autre fois.

  • Belle chronique sur ces rencontres d’Arles. J’aimerais bien voir les photos (planches-contacts) de la fameuse "valise mexicaine", qui "couvre" la Guerre d’Espagne : les photos d’Hemingway et de Lorca par Chim, celles de Capa et sa couverture de la bataille du Sègre, celles de Gerda Taro, compagne de Capa, qui photographie les cadavres sur les fronts de Cordoba et de Gergovie. Taro, morte à 27 ans, blessée par un char d’assaut.

    Quant à Chris Marker (89 ans), c’est, paraît-il, via un appareil fixé sur ses lunettes, qu’il photographie désormais les femmes du métro. :)

  • Merci Brigitte pour ce remarquable article très documenté. C’était une année formidable, j’ai aussi de mon côté de nombreuses photos.

    Amicalement

    Catherine Regime