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Vendée Globe

15 novembre 2008

Ça y’est, les navigateurs du Vendée Globe sont partis.

Personnellement ça ne me dérange pas, et ça ne m’intéresse pas beaucoup plus non plus, qu’un championnat de foot ou de formule 1. C’est juste un peu plus proche, parce que ma bonne vieille mère et ma bonne vieille tante préférée (désolé pour les autres que j’aime bien aussi, mais elles savent toutes, que Jeannette est la préférée aussi de leurs propres enfants) habitent à quelques mètres du bassin des Sables d’Olonne, où les bateaux se préparent. Donc, on a des nouvelles du Vendée Globe le dimanche matin au téléphone.

Jeannette est allée avec le cousin Nicolas et sa copine (j’espère qu’il nous présentera) assister au départ sur un bateau, dans le chenal du port. Ma mère a fait comme tous les matins son circuit habituel autour des bassins, Vendée-Globe ou pas, juste un peu surprise d’être la seule à remonter le remblai quand des milliers d’autres le descendaient vers le port. Elle est comme ça, et c’est pas à son âge qu’on la changera, qui pourrait faire sienne aussi la devise du copain Maël : « n’en fais qu’à ma tête ».

Pourtant j’aime bien les bateaux, surtout un, qui me faisait rêver gamin sur la plage du Canon, une goélette aurique en bois qui s’appelait Tudorovo ; je me suis toujours demandé jusqu’à cet instant si ce mot avait une signification, ou si c’était juste une construction de syllabes : oui, Tudorovo est une ville d’Ukraine, ça ne tue pas le rêve. Je me voyais bien partir sur ce bateau, vers le canal de Beagle ou de Magellan, même si manifestement sa place était mieux là entre la pointe aux chevaux et l’île aux Oiseaux.

Mais les monstres en carbone-kevlar du Vendée Globe, bourrés d’électronique et avec des noms de parfums, de plats surgelés ou de compagnies d’assurance, non ça ne me fait pas du tout rêver. Pourtant ça n’enlève rien à l’exploit sportif et la valeur du marin : ça permet juste d’aller plus vite, mais tout le monde ayant plus ou moins les mêmes outils, c’est encore le meilleur qui gagnera. N’empêche, en fait, j’en ai rien à foutre du Vendée Globe.

Si j’en parle aujourd’hui, c’est juste parce qu’hier, en regardant une photo de l’ami Christian, je me faisais ces mêmes réflexions, en pensant en plus à mon cher Bernard Moitessier, dont La longue route est sans doute un des bouquins que j’emmènerais sur le détroit de Magellan, à bord du Tudorovo. Moitessier est mort depuis longtemps (j’ai toujours dit que j’irais mettre un petit caillou sur sa tombe au Bono, pendant les années en Bretagne, et ne l’ai jamais fait), mais on se souvient que largement en tête de la première course autour du monde en solitaire, avec grosse prime à la clé, il avait dédaigné la victoire et continué sa route sur son « Joshua » (je le vois souvent à La Rochelle, toujours avec émotion), enchaînant un second tour du monde « parce que je suis bien en mer, et peut-être, pour ne pas perdre mon âme » (on pense aussi au refus du Goncourt, de Gracq quelques années plus tôt).

Et je me demande, si ça serait encore possible en 2009, un navigateur, largement en tête du Vendée Globe, qui refuserait le prix et continuerait sa longue route, juste parce qu’il est bien en mer, et peut-être, pour ne pas perdre son âme ? Ça serait en tous cas un signe sacrément fort, et qui nous ferait du bien, en début d’année.

Tombe Moitessier

Messages

  • Pas possible, argent sponsor, crédit, investissement, pub, notoriété et même les bateaux tellement high tech qu’ils ont besoin d’une maintenance fréquente.
    C’est comme nous avec nos mécaniques à photographier au regard des électroniques à mitrailler !
    Faut pas généraliser ni refuser le progrès le numérique a du bon (si j’ose !) et justement nos blogs et celui de Monsieur ton frérot !

    • Moi, j’y vais chaque fois que je passe près du Bono. Je ne peux pas m’en empêcher !

      Oui, ce serait encore [presque] possible. Imaginons un Steeve Fosset, rien ne l’aurait empêché de continuer pour un demi-tour supplémentaire … sauf la bouffe lyophilisée parce que le Bernard, lui, c’était des lignes de pêche qu’il traînait. Peu sûr que les skipper en ait une ! Lors d’un récent tour du monde, il y en a un qui avait oublié ses fourrures polaire.
      Mais qui sait qu’il y a un fou, sur sa goélette en ferro-ciment qui est parti pour 1000 jours sans escale. Sa compagne a débarqué en Australie et mis au monde un fils.
      http://1000days.net/home/

    • Merci pour le lien Sarah, effectivement c’est une belle aventure...