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Pour Armand, et changer des cimetières

24 juin 2008

C’est une histoire que toute la famille ici ne supporte plus d’entendre, tant ils l’ont entendue (je n’ai pas beaucoup de mémoire pour les histoires, donc je raconte toujours les mêmes). Mais curieusement, sauf erreur de Google, je ne l’ai encore jamais écrite ici. J’ai dû l’entendre à la radio un jour, et pendant les 10 ans que j’ai passés comme sapeur-pompier, c’était un peu mon « standard » dans l’ambulance, pour passer le temps aux blessés pendant le transport, et essayer un peu de les réconforter quand ils se lamentaient sur l’accident, la fatalité, la voiture cassée. La voilà.

C’est une histoire qui se passe dans la Chine ancienne. Un vieux paysan découvre un jour, dans la cour de sa ferme, un splendide étalon qui manifestement n’appartient à personne, et le rentre dans son écurie. Quelle chance tu as ! s’exclame son voisin. De la chance tu crois ? dit le paysan.

Quelques temps après le cheval s’échappe et disparaît. Le voisin compatit : Quel malheur ! Un si beau cheval !. — Un malheur, tu crois ? dit le vieux.

Mais deux jours après, le cheval revient, suivi de cinq juments. Quelle chance ! dit le voisin. — Peut-être, dit le vieux.

À quelques temps de là, le fils du paysan, en voulant débourrer le cheval, tombe, et se casse la jambe. Quel malheur ! dit à nouveau le voisin. — Je ne sais pas dit le paysan.

La semaine suivante, la guerre est déclarée, tous les jeunes hommes doivent partir au combat. Le fils du paysan, avec sa jambe cassée, reste à la maison. Quel bonheur ! dit le voisin. — Qui sait ? dit le paysan.

Évidemment l’histoire n’a pas de fin...

Messages

  • Mon ordi n’arrête pas de se déconnecter, mais j’aurai le dernier mot !
    Je disais qu’on pouvait continuer. Avec cette histoire d’Ernst Bloch, prise dans traces.

    Rien de plus curieux que le regard qu’on jette de l’extérieur dans sa propre chambre : tout est embelli derrière la vitre, la lampe luit,le fauteuil habite, les livres scintillent.(...) On arrive le soir,un verre de vin devant soi et on entend la paix que respirent les demeures.
    « Mais dans celle d’en face, dit l’aubergiste,il y a une femme avec quatre enfants et le mari les a plaqués avant-hier. Dans la maison du coin - tout à fait à droite, celle aux volets verts - habitait le tailleur Wilhelm, c’était un saoulard notoire et lorsqu’une nuit il ne rentra pas à la maison, sa femme courut les auberges et la gendarmerie, il n’y était pas. Rentrée à la maison, elle accrocha sa mantille dans l’armoire, son mari lui aussi était là pendu parmi les vêtements, mort depuis l’après-midi. »