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Des pixels dans le révélateur

22 février 2008

Depuis des mois je tente de me remotiver pour la photographie.

J’ai été longtemps un amoureux du laboratoire noir et blanc, de l’hydroquinone et des beaux papiers barytés (le Record Rapid d’Agfa en particulier). Et puis des années d’éloignement sinon de rupture, d’autres préoccupations.

Le problème, c’est que la photo argentique est devenue très marginale, et que je n’aime pas les boitiers numérique avec leurs écrans, leurs batteries, cartes machin, câbles, petites touches riquiqui, menus, et tous ces trucs qui clignotent, qui font qu’on ne sait plus si on a entre les mains un appareil photo, un téléphone portable, un organiseur électronique ou un robot Moulinex.

Je n’aime pas non plus, leur côté objets de consommation et obsolescence programmée, qui fait qu’en deux ans ces appareils sont voués à la poubelle ou au placard, parce que dépassés technologiquement quand ils ne sont pas en panne — d’autant qu’ils ne sont généralement pas réparables.

Moi je n’aime que les Leica M, les vieux Nikon mécaniques tout métal (j’ai les mêmes depuis 20 ans), les gros z’Hasselblad qui font des photos carrées très bêtes. Des appareils tout simples, avec lesquels on cadre, on fait la mise au point, la lumière avec deux diodes ou une aiguille, on déclenche, on réarme avec le pouce et on tourne la manivelle pour rembobiner. Tout le reste, moteur, autofocus, zoom, je n’en ai pas besoin et même ça m’énerve et m’irrite (nobody’s perfect).

Mais plus de labo à la maison. Pas la place d’en installer un. Plus de produits de développement. Pas les sous pour reconstituer le stock nécessaire à un redémarrage. Et puis surtout, plus envie de se remettre les mains dans la patouille, repiquer aux allergies et à l’eczéma chronique sur les mains, les lavages innombrables, la vaisselle après la séance de tirage. La flemme quoi.

Et puis voilà, j’ai trouvé un modus vivendi avec le numérique, qui n’est pas mal... Je vous le soumets des fois que ça puisse redonner à certains l’envie de ressortir les vieux boitiers des placards.

La combine, c’est donc :
- photos en argentique avec les bons vieux boitiers chéris ;
- développement du film à la maison, dans le D76 à 1+1 comme au bon vieux temps, sauf qu’on ne coupe pas le film ;
- passage chez le charmant photographe du coin qui le scanne entièrement en images de 3300 x 5000 px (soit l’équivalent d’un capteur 17 MP, excusez du peu...) et le grave sur CD pour 5€50 ;
- choix des images et retouche dans the GIMP sur le PC (et sous Linux :-), avec lequel j’ai retrouvé à peu près les mêmes procédés qu’en tirage argentique (masquage, affaiblissement local...) ;
- mise en ligne ou retour chez le photographe : photos de famille en 10x15 brillant, beaux tirages sur papier cartoline aspect baryté, le résultat est bluffant même pour un vieux pinailleur old school comme moi. Et sans vilaines plaques rouges boursouflées qui démangent sur les doigts, sans produits toxiques à l’égout.

Moi je suis content de mes photos, la petite est contente parce que si le tirage revient un peu plus cher je ne remplis plus la poubelle de papier photo, et pas de cuvettes remplies de liquide jaunâtre nauséabond dans la maison.

Voilà... Finalement l’avenir de l’argentique, c’est peut-être bien, malgré tout et partiellement, le numérique ?


Si je fais toujours scanner mes films, je suis depuis revenu, pour les tirages, à la méthode traditionnelle à l’agrandisseur. Labo de club, bien équipé, spacieux, tranquille... Même plus d’allergies !